dimanche 23 avril 2017

Présidentielle : Macron-Fillon, le libéralisme économique en son miroir

Dossier réalisé par Pierre Duquesne, Olivier Morin, Lola Ruscio et Lionel Venturini

Comme un air de bonnet blanc et blanc bonnet pour les deux candidats. L’un veut moins de protection des salariés, l’autre plus de liberté pour les patrons. Revue de détail de deux projets aux visées similaires, achever la mue libérale du pays.

On n’est jamais si bien reconnu que par les siens. L’économiste libéral Nicolas Bouzou l’affirmait récemment sans crainte : « Le programme de Macron est de même nature que celui de Fillon. » Le très libéral think tank Ifrap a d’ailleurs du mal à les départager dans son évaluation des programmes économiques, tous deux « procèdent à des économies de dépenses nettes qui font diminuer le poids des dépenses publiques dans le PIB ». Il préfère finalement Fillon, « le seul candidat à opter pour une stratégie de baisse des prélèvements obligatoires ». Nicolas Bouzou concède que « si Emmanuel Macron prévoit à ce stade beaucoup moins d’économies que François Fillon, c’est sans doute qu’il anticipe plus que lui la résistance des Français en cas de réformes trop radicales ». « Le programme d’En marche ! est tout sauf déraisonnable », note de son côté Gaspard Koenig, du think tank GenerationLibre.
Comment ne pas donner crédit à François Fillon quand, cri du cœur, il s’exclame que Macron « copie » son programme ? Bouzou, encore, distingue bien que Fillon « n’accompagne pas sa politique d’un plan d’investissement conséquent », que Macron met « beaucoup plus l’accent sur la transition écologique », pour conclure que « les deux programmes se distinguent principalement par leur dimension », en ce qui concerne la réduction de la dépense publique.
Si Emmanuel Macron verrait bien ubérisée la société tout entière, Fillon n’est pas en reste. Celui qui a été aux premières loges pour la création du statut d’autoentrepreneur va plus loin dans son programme, et propose un « contrat de trois ans pour permettre de travailler pour des entreprises sans que l’administration vienne transformer ça en contrat de travail ». Les plateformes, dans le collimateur de l’Urssaf pour travail dissimulé, apprécieront.

Pas d’angle mort dans la surenchère

Même dans les angles morts de leurs programmes, les deux se rejoignent : sur l’évasion et la fraude fiscales, Emmanuel Macron veut « alourdir les sanctions » sans plus de précisions qui inquiéteraient les multinationales et les fraudeurs, tandis que François Fillon n’en fait pas mention dans son programme. La seule fraude qui l’intéresse est celle à l’assurance-maladie, marginale. Comme s’il n’y avait aucun problème à voir filer 80 milliards chaque année.
Alors, n’y aurait-il que des différences de style, de degré seulement entre ces deux candidats ? Austérité, libéralisation, stigmatisation… L’Humanité a passé en revue les points saillants de leurs programmes économiques. Au jeu des différences, il faut avoir l’œil aiguisé.
  • Une même méthode autoritaire

Sans doute échaudés par les luttes contre la loi El Khomri, les deux candidats, qui veulent conserver, voire amplifier les contre-réformes de la loi travail, prévoient de passer outre le Parlement pour défaire les droits des travailleurs et n’excluent pas d’employer la même méthode sur d’autres sujets. Macron n’a d’ailleurs que récemment avoué qu’il y recourrait, tandis que Fillon avait annoncé la couleur dès mars 2016 en prévoyant une « blitzkrieg ».
Emmanuel Macron, le Journal du dimanche, le 9 avril 2017 :
«  Je souhaite introduire dès l’été un projet de loi d’habilitation pour simplifier le droit du travail et décentraliser la négociation. (…) Le tout par ordonnances, pour procéder de manière rapide et efficace. » (Le Journal du dimanche, le 9 avril 2017.)
François Fillon à la Fondation Concorde, le 10 mars 2016 :
«  J’utiliserai tous les moyens que donne la Ve République : le 49-3, les ordonnances, les votes bloqués. » (À la Fondation Concorde, le 10 mars 2016.)
  • La purge comme seul horizon

À première vue, la purge promise par Emmanuel Macron (60 milliards d’euros) est moins brutale que le choc à 100 milliards de François Fillon. À première vue seulement. Des économistes ont levé un lièvre. 60 milliards, c’est bien l’équivalent d’une baisse de 3 points de PIB… mais sur un an seulement. « Sur cinq ans, le total des baisses de dépenses est, en adoptant les hypothèses de croissance de Macron, de l’ordre de 170 milliards », analyse Bruno Amable, professeur à l’université de Genève. Si le candidat d’EM ! veut ramener le ratio dépenses publiques sur PIB vers la moyenne de la zone euro, « il faudrait baisser les dépenses maladie de 42 milliards, et non de 15 milliards, et celles de l’assurance-chômage de 28 milliards et non de 10 milliards ». Elle est belle, la magie des chiffres !

Emmanuel Macron dans les Échos, le 27 février 2017 :
«  Le poids de la dépense publique devra être progressivement ramené vers la moyenne de la zone euro. Je prévois donc une baisse de 3 points de la part des dépenses dans la richesse nationale. Cela représente 60 milliards d’économies. »
François Fillon lors de sa visite à Sophia-Antipolis, le 12 janvier 2017 :
« Moi, je n’avance pas masqué, je suis clair sur mon projet. Emmanuel Macron veut aussi baisser à 50 % du PIB la dépense publique. C’est ce que je propose, c’est 100 milliards et cela fait hurler. »
  • Punir les chômeurs

Les deux libéraux veulent radier au plus vite les demandeurs d’emploi. Ils souhaitent aussi que l’État reprenne la main sur le système d’assurance-chômage (Unedic) – « à défaut d’accord » pour Fillon – alors que le patronat et les syndicats le gèrent. « Pour sauver l’Unedic », le Sarthois va encore plus loin en annonçant une baisse accrue des allocations, au fil du temps.

François Fillon, projet officiel :
«  Responsabiliser les demandeurs d’emploi en rendant obligatoire la motivation d’un refus d’emploi et en sanctionnant un deuxième refus insuffisamment motivé. »
Emmauel Macron dans les Échos, le 23 février 2017 :
« On pourra refuser une offre d’emploi mais pas deux. »
  • Le statut des fonctionnaires en ligne de mire

Fillon comme Macron comptent sabrer drastiquement dans les effectifs de fonctionnaires, au détriment de la collectivité. Le premier promet la suppression de 500 000 postes. Le second, 120 000, dont 70 000 dans les collectivités territoriales. Sans en préciser davantage, les deux candidats menacent ouvertement le statut de la fonction publique. Ils s’entendent aussi pour réintroduire la journée de carence pour les agents malades (deux journées pour Fillon, contre une pour l’ancien banquier d’affaires).

Emmanuel Macron dans les Échos, le 23 février 2017 :
« Les protections légitimes des fonctionnaires ne justifient pas d'avoir des droits exorbitants. »
François Fillon dans Acteurs publics, le 9 février 2017 :
«  Je n’ai jamais envisagé de supprimer le statut des fonctionnaires (…) mais nous en reverrons progressivement le périmètre, en assumant que le contrat puisse être un mode de recrutement complémentaire au statut. »
  • L’impôt sur la fortune : à tuer absolument

Alors qu’ils contribuaient à hauteur de 5,2 milliards d’euros dans les recettes de l’État en 2015 à travers l’ISF, les riches risquent d’être encore davantage épargnés avec Macron et Fillon. Le candidat d’En marche ! ne souhaite plus ponctionner les actionnaires au motif que les actions, parts et titres d’entreprises « servent » l’économie. Quant à François Fillon, il prévoit sa suppression pure et simple, en invoquant lui aussi le « découragement » (jamais démontré) de l’investissement en France que provoquerait cette taxe, et veut remplacer « les mécanismes de déduction existants sur l’ISF (qui financent les entreprises innovantes ou les fondations) par des mécanismes de même nature s’appliquant à l’impôt sur le revenu ». Avec le programme de l’un ou de l’autre, les coffres des puissants sont bien gardés.

Emmanuel Macron, programme d'En marche ! :
« L’ISF ne concernera plus l’investissement qui sert l’économie (actions, parts, titres d’entreprises). Il sera remplacé par un impôt sur la fortune immobilière. »
François Fillon, projet officiel :
« Supprimer l’ISF dès 2018 pour garder en France des capitaux qui seront investis dans des entreprises françaises et qui créeront des emplois en France. »
  • L’arnaque du « salaire net »

C’est une double arnaque. Car ces candidats ne disent jamais qu’ils obligeront les employeurs à augmenter les salariés, comme ils disent. Et le salaire brut, c’est aussi du salaire ! Du salaire socialisé et différé, certes, mais du revenu sonnant et trébuchant lorsqu’on est au chômage ou en arrêt maladie. La compensation de cette baisse par une TVA sociale (Fillon) ou une hausse de la CSG (Macron) a un autre effet pervers, celui de voir les droits sociaux transformés en prestation universelle non contrôlée par la Sécu, et donc par les travailleurs, et dont le niveau pourrait facilement baisser à l’avenir.

François Fillon, programme oficiel :
«  Mettre en place un abattement forfaitaire généralisé des cotisations sociales salariées, ce qui permettra une augmentation immédiate des salaires nets sur la fiche de paie de l’ordre de 350 euros par an par salarié (700 euros par an pour un ménage où les deux travaillent). »
Emmanuel Macron, programme d'En marche ! :
« Nous augmenterons le revenu net de chacun, en réduisant les cotisations sociales. Par exemple, si l’on gagne 2 200 euros net par mois, ce sera 500 euros net supplémentaires par an. »
  • Un droit du travail piétiné

Il n’y a pas qu’en matière prud’homale que les deux sont en phase. Fillon veut « lever le verrou des 35 heures » pour parvenir à 39 heures. Ce qui fait travailler, sur une carrière entière ininterrompue, l’équivalent de trois ans de plus. Macron souhaite en apparence conserver la durée légale du travail à 35 heures dans la loi, mais renvoie « à l’accord de branche, l’accord d’entreprise la possibilité de négocier d’autres équilibres ». Un deuxième étage à la loi El Khomri, en sorte.

Emmanuel Macron, programme d’En marche ! :
« Nous instaurerons un plafond et un plancher pour les indemnités prud’homales pour licenciement sans cause réelle et sérieuse. »
François Fillon, projet officiel :
«  Je veux faire disparaître la peur d’embaucher. Pour cela, il faut (…) sécuriser la rupture du contrat en plafonnant les indemnités prud’homales. »
  • Une «flat tax» pour soigner le capital

Milton Friedman serait heureux de voir Fillon ou Macron l’emporter. Car ils ont tous les deux remis au goût du jour une « flat tax », promue par l’inventeur du néolibéralisme, pour offrir un nouveau « bouclier fiscal » aux détenteurs de capitaux. L’imposition sur les dividendes, les intérêts bancaires et autres plus-values ne pourraient excéder un taux uniforme de 30 %. L’objectif de taxer les revenus du capital comme ceux du travail, affiché un temps par François Hollande, est abandonné. Pis, cela signifie que, désormais, pour les capitalistes, le taux d’imposition n’augmenterait plus selon le revenu. Si un patron du CAC 40 voit ses dividendes exploser, aucune mesure fiscale ne viendra corriger cette hausse de profit. Les inégalités peuvent prospérer avec ce nouveau cadeau aux ultrariches, qui va coûter 3 milliards d’euros aux contribuables.

Emmanuel Macron, Les Échos, le 23 février 2017 :
« Un prélèvement forfaitaire unique au taux de l’ordre de 30 %, prélèvements sociaux inclus pour tous les revenus du capital : intérêts, loyers, dividendes, plus-values, etc. Cela (...) simplifiera considérablement la fiscalité du capital. »
François Fillon, projet officiel :
« Un taux unique d’imposition des revenus du patrimoine à 30 % pour favoriser l’investissement. »
L’autonomie, un autre point commun

« Préserver l’école de la République, c’est notamment donner plus d’autonomie aux communautés pédagogiques », a clamé Emmanuel Macron, quand il a visité une école à Hellemmes (Nord). Il se trouve sur les mêmes positions que François Fillon, qui veut, lui, « une plus grande liberté, une plus grande autonomie (…) laissées aux établissements scolaires ».  Une logique de la compétition et de la concurrence qu’ils souhaitent tous deux approfondir à l’université. François Fillon compte offrir une « autonomie pédagogique et budgétaire », quand Emmanuel Macron envisage une liberté de recrutement dans les facs, où une sélection pourra être imposée dès la licence.

humanite.fr

Le temps de parole bafoué de Mélenchon

Lola Ruscio  

L’exposition du candidat de la France insoumise et de ses soutiens est particulièrement à la traîne sur les ondes et les chaînes de télévision.

À deux jours du premier tour, la vitrine médiatique de Jean-Luc Mélenchon est largement inférieure à celle des « chouchous » des grands médias. Comprenez, Marine Le Pen, Emmanuel Macron et François Fillon. Le candidat de la France insoumise, ses porte-parole ainsi que ses soutiens du PCF et d’Ensemble ! ont cumulé 160 heures de temps de parole (TV – radio) depuis le 1er février, selon un relevé du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA). Le candidat de la droite et son entourage sont, quant à eux, en tête de peloton avec 301 heures, suivis par Benoît Hamon (256 ) et Emmanuel Macron (234), talonné par Marine Le Pen (229 ).

46 heures de temps de parole, contre 170 pour François Fillon

C’est sans compter les « petits » candidats qui se partagent les miettes : Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France) a été médiatisé seulement 44 heures, 20 pour Philippe Poutou (Nouveau Parti anticapitaliste). Pour compenser ce manque de temps de parole, France 2 a finalement organisé jeudi soir une suite d’entretiens de quinze minutes avec chaque candidat. Mais, leur passage ne va pas rééquilibrer ces inégalités de traitement qui remontent au début de la campagne. Dès février, le CSA avait relevé une visibilité « anormalement élevée » de François Fillon et se disait « préoccupé » sur les capacités des chaînes à rattraper ce retard…
Pourtant, les onze candidats sont censés bénéficier de la phase d’« égalité », en vigueur depuis le 10 avril, date de l’ouverture de la campagne officielle pour le premier tour. Les chaînes de télévision et radios doivent alors respecter une stricte égalité dans le temps de parole des candidats et de leurs soutiens, qu’importe leur poids politique. Mais nouveauté cette année : la nouvelle mesure d’« équité » appliquée par le CSA entre le 1er février et le 10 avril, suite à la loi initiée par la majorité socialiste en 2016. Pour la première fois, les candidats se sont vu imposer un temps de parole au prorata de leur représentativité, fondée sur les sondages, les résultats aux élections précédentes ou encore le nombre d’élus de leur parti… Ces critères ont accentué les inégalités entre les candidats. Pour Jean-Luc Mélenchon, cela s’est traduit par 46 heures de temps de parole, contre 170 pour François Fillon. Emmanuel Macron occupe la deuxième place avec 106 heures, 105 pour Benoît Hamon, 80 pour Marine Le Pen.

C’est une des raisons pour laquelle la France insoumise a très tôt développé une communication, notamment sur les réseaux sociaux, visant à « contourner les médias traditionnels ».

Élections. L’heure du choix pour les antinucléaires

Victor Ayoli      

Pas facile de choisir ! Impossible de trouver un candidat qui satisfasse à tous nos souhaits. Il convient donc, afin de faire le choix le plus judicieux, de lister et de hiérarchiser les problèmes que nous souhaiterions voir prendre en compte.

En vrac, on trouve la lutte contre le chômage, la sécurité, le pouvoir d’achat, la santé, l’école, les libertés, etc. Tous les candidats ont leurs propres recettes pour résoudre ces problèmes. C’est souvent de la poudre de perlimpinpin. Il est vrai que les promesses n’engagent que ceux qui y croient selon le théorème de Pasqua.
Il y a aussi un problème essentiel car il inclut en lui-même la sécurité, la santé voire la liberté mais qui est peu évoqué par les candidats, c’est la sortie du nucléaire. Où se place-t-il dans la hiérarchie des priorités ? Loin. Et pourtant…
Pourtant, la France – dont le tourisme, l’agriculture, les vins comptent pour une part prépondérante de son économie – ne se relèverait pas d’un accident nucléaire genre Tchernobyl ou Fukushima. Et elle causerait la ruine de ses voisins européens. N’est-ce pas là une question essentielle à l’heure du choix ? Mais ça n’arrivera jamais chez nous couinent les nucléocrates. Naïveté, duplicité, incompétence, ou les trois à la fois ? En matière de nucléaire, le facteur humain reste déterminant, et l’homme est tout sauf parfait. En témoignent les magouilles autour des certifications de certaines pièces essentielles (cuves, pompes) avec les faux rapports d’Areva et le laxisme d’EDF. La privatisation sournoise de la filière – et donc la recherche du profit avant tout, serait-ce au détriment de la sécurité – augmente encore les risques que fait courir à la France et à l’Europe cette industrie du passé.
Le problème du nucléaire, c’est que les conséquences des catastrophes sont sournoises et surtout infinies dans le temps et dans l’espace.
Et que dire des coûts ! Ayons la magnanimité de ne pas parler du fiasco total de l’EPR, tant au niveau technique que financier, mais le rafistolage des centrales à bout de souffle coûtera au bas mot une grosse centaine de milliards.
Et les déchets, dont on se sait que faire !
Et le démantèlement que l’on ne sait pas faire !
Et le pillage des ressources des pays pauvres en Afrique !
Et la fin programmée de l’uranium !
Il ne s’agit pas de réclamer l’arrêt immédiat et total de la filière nucléaire. Ce n’est pas possible à cause de l’impéritie de générations de gouvernants inféodés au lobby nucléaire et qui ont donné à cette énergie une place trop considérable, au détriment des énergies propres, renouvelables. Mais il s’agit de chercher le candidat qui a inscrit dans son programme la décision de sortir du nucléaire à une échéance raisonnable.
Un seul candidat en a fait la promesse ferme et définitive, c’est Mélenchon. Mardi, lui et ses hologrammes proclamaient : « Dans les 3 premières années, nous allons fermer 18 réacteurs nucléaires. » C’est clair, c’est raisonnable, c’est réalisable.
Revenons au problème du choix. Un candidat, même porteur de toutes nos espérances, n’est un choix efficace que s’il a des chances de gagner ! Les élections présidentielles sont impitoyables, il n’y a qu’un vainqueur. Pas de places d’honneur. Donc, pour avoir des chances de faire passer ce qui, aux yeux des plus lucides, est essentiel - la sortie du nucléaire - encore faut-il que cette proposition soit portée par un candidat ayant des chances réelles de gagner. Pour la première fois, cette formidable possibilité existe. Il ne faut pas la gâcher.

Pour tous ceux qui sont pour la sortie de cette folie qu’est l’industrie nucléaire, un seul choix s’impose : voter dès le premier tour pour Mélenchon. Même si ce n’est pas par adhésion à l’ensemble de son programme, mais parce qu’il est le seul en potentialité de nous sortir des griffes diaboliques des nucléocrates. Le vote pour Mélenchon devient ainsi – pour les antinucléaires – le seul vote de raison.

agoravox.fr

Daesh a-t-il choisi le président français ?

Théophraste        

La fusillade des Champs-Elysées va-t-elle faire basculer le vote des Français quand quatre candidats sont donnés pratiquement à égalité dans les derniers sondages (compte tenu des marges d’erreurs) ?

C’est la question que pose Jean Ortiz dans un magnifique article publié par l’Humanité ICI.
Le Grand Soir ne valide ni ne se démarque de cet article (bien au contraire, comme dirait Macron). Dame ! l’accusation de complotisme vient encore de lui tomber dessus, venant d’un éminent sociologue très à la mode, que vous avez souvent pu lire ici et qui, soudain imbu, grisé, infaillible, se gonfle comme un bœuf pour encorner LGS après avoir aimablement grenouillé dans un débat à deux avec un ami de Soral, un individu pour qui le FN n’est pas un danger.

Voir l’implacable article de Bernard Gensane : ICI.

Théophraste R.

PS. « Le soir tombait ; la lutte était ardente et noire.
Mélenchon avait l’offensive et presque la victoire ;
Il tenait Fillon-Macron-Hamon acculés sur un bois.
Sa lunette à la main, il observait parfois
Le centre du combat, point obscur où tressaille
La mêlée, effroyable et vivante broussaille,
Et parfois l’horizon, sombre comme la mer.
Soudain, joyeux, il dit : Les Insoumis ! - C’était Daesh ! »

Victor Hugo (presque), Les Châtiments.

Le Grand Soir


Le virtuel selon Fillon


Citation de F. Lordon

La démocratie c'est la possibilité de faire autre chose.

samedi 22 avril 2017

Lettre au Seignor Fillon et son joker de dernière minute

Daniel Vanhove         

« C’est l’or, Monseignor… il est l’or… », les « affaires » dans lesquelles vous êtes impliqué ont déjà fait couler beaucoup d’encre… et à juste titre !

Néanmoins, avant l’imminence de ces élections présidentielles entachées par votre présence, j’y ajouterai encore quelques lignes, même si je sais pertinemment qu’elles ne changeront rien à rien.
L’obstination dont vous aurez fait preuve, loin de vous disculper et d’apparaître plausible aux yeux des électeurs, n’a fait que produire l’effet inverse au fil des mois. En effet, il faut rappeler que l’argent que vous vous êtes impunément octroyé est bien de l’argent public. Et il n’est pas besoin d’attendre les conclusions d’une quelconque enquête ou la décision d’un tribunal pour vous indiquer que cet argent indu a donc été détourné. Vos manigances n’ont eues pour but qu’un enrichissement personnel avec de l’argent de l’Etat c’est-à-dire, de l’argent appartenant aux citoyens, dont il eût fallu faire autre usage qu’à tomber sur l’un de vos nombreux comptes en banque vous permettant de poursuivre votre vie de châtelain !
Non content d’avoir volé l’Etat de ces sommes considérables pendant des années, vous avez décidé de vous enfermer dans des explications qui ne font qu’illustrer à quel point vous avez l’esprit retors et uniquement animé par l’appât du gain. Vous êtes, comme d’autres de votre espèce, un calculateur dont la seule obsession est de vous enrichir par l’entremise d’une machine étatique dont vous connaissez parfaitement les rouages pour y traîner depuis tant d’années, abusant de la naïveté des citoyens.
Nonobstant le fait que vous serez probablement reconnu coupable de ces pratiques limites – que vous avez reconnues et pour lesquelles vous vous êtes d’ailleurs excusé – je veux vous dire qu’en fait, si notre « démocratie » fonctionnait sur des bases saines, il faudrait que vous remboursiez les sommes détournées à votre profit. Et puisqu’il s’agit d’une faute grave dès lors qu’elle est commise par un représentant de l’Etat censé être d’une probité irréprochable et par-là même un exemple pour les citoyens du pays, il conviendrait non seulement de les rembourser, mais que vous soyez puni pour cette faute par de lourdes amendes, voire même un emprisonnement et évidemment, une inéligibilité à vie.
En bon chrétien que vous êtes, l’information de vos pratiques douteuses aurait dû vous inviter à la plus grande discrétion, à l’humilité, au repentir et à votre retrait immédiat de la course à l’élection présidentielle. En lieu et place vous vous êtes présenté comme victime d’un acharnement fantasmé, telle une vierge effarouchée. Une telle attitude est pitoyable, et vous ne vous en rendez même plus compte ! Ce renversement des faits afin de vous présenter comme victime alors que vous êtes coupable illustre à quel point votre raison est contaminée, aveuglée par le lucre.
Non, Monseignor, vous n’avez pas la moralité dont vous vous réclamez, et n’êtes en rien un exemple pour la population dont vous prétendez devenir le représentant le plus éminent, enfermé dans ce jeu victimaire d’un détestable microcosme qui a définitivement perdu tout contact avec le quotidien du citoyen ordinaire. Vous n’imaginez même pas l’ombre d’un instant, ce que votre collective « Folie des Grandeurs » provoque comme dégâts, ajoutée aux pratiques d’un personnel politique de plus en plus détesté, au point qu’à peine 10 % de la population le trouve encore crédible !
Cerise sur le gâteau : l’appui vidéo de l’autre délinquant en col blanc qui a tant sali l’image de la France lors de son passage à l’Elysée, vient confirmer que vous êtes bien une bande organisée de mafieux qui n’avez plus la moindre retenue, le moindre scrupule. Penser pouvoir encore gratter quelques misérables voix par l’entremise d’un personnage politique impliqué dans tant d’affaires sordides ne vous aidera pas, que du contraire. Et je me réjouis que vous n’ayez même plus la lucidité de vous rendre compte que ce sinistre joker signe votre forfaiture. C’est dire à quel point vous êtes gangréné jusqu’à la moelle !
Je terminerai ces quelques mots, en formulant mon souhait : « Il est l’or, Monseignor, il est l’or… » que vous soyez battu lors de ce scrutin et soyez bientôt condamné pour vos mensonges répétés ainsi que pour ces détournements d’argent public. Et que, dans la foulée, vous soyez même déchu de vos droits civiques que vous ne méritez plus !

Il vous restera alors à arpenter dans tous les sens, les couloirs sombres de votre conscience si tant est que vous en trouviez encore le chemin et ne l’ayez définitivement perdue en cours de route, à courir et vous agiter de toutes les façons après cet argent qui vous a, semble-t-il, brûlé le cerveau et le cœur !

Daniel Vanhove - 20.04.17 -

Le Grand Soir